• Ber ou sangle
  • Serrage des sangles avant la levée
  • Lavage haute pression

Carénage d’un bateau

 

Carénage d’un bateau

Les non voileux se posent la question : qu’est ce qu’un carénage ?? Faire une beauté à son bateau ?? Il y a un an j’étais comme vous, je ne savais pas. Une semaine pour certain, 27 jours exactement pour nous, lisez comment nous nous sommes occupés pendant ce carénage.

Pourquoi un carénage 

Le dernier carénage a été fait  à la Grande Motte en juin 2017 avant notre départ. Depuis nous avons fait pas mal de miles le long des côtes françaises et espagnoles, en Méditerranée, la Transat, puis les Caraibes, eaux tièdes, eaux froides puis chaudes, au fur et à mesure des micro-organismes se sont déposés sur les coques. Des algues, des coquillages (moules, huitres, chapeau-chinois) qu’il convient de retirer régulièrement, oui mais voilà le bateau étant toujours dans l’eau il est difficile de bien tout enlever. La ligne de flottaison peut-être faite lors des baignades mais en dessous !!

Ce dépôt empêche le bateau de glisser convenablement, aussi Patrick plonge en bouteille et passe une raclette, mais certains coquillages sont tenaces et s’accrochent  sur la coque.  Des produits sont posés pour justement éviter les dépôts, on passe de l’antifouling érodable. Comme il est érodable, il s’élimine au fi des navigations, il convient de refaire cette opération régulièrement au moins une fois l’an.

Qu’est ce qu’un carénage

C’est un terrain technique équipé pour sortir les bateaux de l’eau soit par  une sortie  bétonnée pentue,  soit d’une darse. La majorité des aires de carénage sont équipées de darse et de matériel plutôt réservés pour les monocoques, c’est-à-dire moins large pour être utilisé pour les multicoques ou pour les  gros monocoques, 

Pour un quai pentu c’est un chariot hydraulique qui avance sous l’eau,  il convient de placer les patins sous la nacelle à des endroits bien appropriés à chaque bateau pour ne pas abimer sa structure.

C’est  par cette méthode que Patandre a été sorti à La Grande Motte.

A Carriacou il y a 2 chantiers, équipés tous deux d’une darse, l’ancien ne peut sortir que les monocoques, le nouveau construit entre le nouveau port et la mangrove est équipé pour les grosses unités. 

                Plan de la nouvelle marina

 

Ouvert durant le 2°semestre 2016, Tyrell Bay Marina est toujours en travaux, dans son projet elle devrait accueillir 180 bateaux à l’eau et 200 bateaux à sec. Hotel-restaurant, appartements, boutiques, Budget Marine devraient terminer l’aménagement et nous permettre d’avoir sur zone tous les services.

Tyrell Bay Marina est équipé d’une grue pouvant supporter 150 Tonnes, 32 ft largeur  et 18 ft de tirant d’eau, ce qui lui permet de sortir de belles unités. Elle a également un chariot hydraulique  pour lui permettre de déplacer les bateaux  à sec.

Le bateau rentré dans la darse, la grue vient se positionner à son niveau, Le ber ou berceau, c’est-à-dire des sangles sont glissées sous la nacelle, un plongeur va vérifier l’emplacement exact pour soulever le bateau.

Une fois les sangles serrées le bateau est soulevé doucement, la grue place l’unité au-dessus du bac à récupération des déchets pour un nettoyage  à haute pression pour faire tomber coquillages, algues et autres éléments accrochés à la coque. Bien nettoyée, l’unité est déplacée vers l’aire de stockage, une fois calée nous pouvons revenir à bord.

Passage de l’antifouling

Le traitement de l’antifouling est une opération simple et rapide, normalement une semaine suffit. Une fois la coque nettoyée à la haute pression, un simple ponçage suffit, puis l’application au rouleau de deux couches de peinture et c’est terminé. Le moment le plus important : l’enlèvement de la bande de masquage.

Le carénage de Gorgona s’est bien passé, une semaine après retour à l’eau pour eux, mais avant la séparation moment très agréable chez la “Vénézuelienne”.

Une semaine après c’est La Goélette La Séléné qui s’en est allée.

Pourquoi sommes nous restés plus longtemps??

Il existe plusieurs types d’antifouling, l’érodable, tout est dans le mot, il s’érode au fil du temps, des navigations, il convient de le refaire tous les ans, tous les 2 ans. Puis il y a ceux qui durent plus longtemps, qui sont plus onéreux et demandent plus de temps à la première application, c’est cette solution que nous avons choisi. Le retour dans le temps de ce genre de produit ? nous avons pu le voir sur la coque de Marco Polo, 10 ans et pas de coquillages, un passage avec une éponge pour enlever les algues qui ont pu s’accrocher mais surtout pour réactiver les particules de cuivre qui protège la coque. Nous allons suivre l’exemple de Marc et Monique qui doivent refaire le carénage cette année.

Quel est ce produit : le Copper Coat. C’est un antifouling permanent qui protège pendant 10 ans, écologique il a obtenu le label “Eco Responsable” moins nuisible pour l’environnement, il aurait également des performances de glisse, donc pour les Lagoon qui ont le surnom de caravane des mers on va bien voir les résultats.

Le copper Coat

Avant son application il convient de poncer la coque, décaper à fond les eaux vives jusqu’au gelcoat. C’est Kévon, un jeune Jamaîcain qui a eu la rude tache d’effectuer ce travail ingrat, une  poussière bleue se dépose partout, bien sûr à l’exterieur, au sol  mais sur tout le bateau, mais aussi nous retrouvons à bord même après un mois. Il faut nettoyer tout le bateau, le bleu s’incruste les picots de l’antidérapant, il faut tout gratter, heureusement que les averses m’aident un peu pour le rinçage..

Ensuite application d’une couche d’Epoxy, Marc aux commandes nous dit comment faire, à 5 cela devrait aller assez vite.

Pas de chance la météo s’en mêle, il n’arrête pas d’avoir des ondées, il faut laisser sécher les coques, il ne faut pas se fixer une date de fin de carénage, on verra.

Au tour du Copper Coat . Application est très contraignante, 4 couches, le passage du produit, n’est pas une peinture classique, un gel, il ne faut pas repasser sur le produit car on enlève la couche posée, attention aux coulures, on ne peut les enlever, il faudra poncer avant la 2° suivante.

Mais tout d’abord mélange des 3 produits :

A l’application du premier kit nous rencontrons les premiers problèmes, bien sur celui de la sur-couche où l’on enlève le produit, mais surtout que les rouleaux ne glissent plus, le mélange prend trop vite, nous allons devoir séparer les kits en 2. Conséquence doser les quantités , peser la poudre, avoir un stock suffisant de rouleau, car après l’applications on doit les jeter (la résine prend).

Pas beau le résultat de la première couche. Il faut nettoyer, gratter, bacs, spatules entre 2 applications.  Passer au papier de verre toute la coque avant la couche suivante, c’est Monique qui le fait.

Et voilà le résultat, avec du temps et de la patience.

 

 

Pilhaouers a posé son copper coat il y a 20 ans,  un aperçu de l’évolution du notre dans le temps.

 

Nous avons profité que Patandre soit au sec pour vérifier l’état des passe-coques. Qu’est-ce qu’un passe-coque? Un  passe-coque est  utilisé  pour assurer la jonction entre un trou pratiqué dans une coque et un tuyau ou un capteur, il doit être en bon état pour éviter toute voie d’eau dans le bateau. Nous avons trouvé un qui était télé, comme Patandre a 10 ans, nous avons préféré les changer par mesure de sécurité.

Pas facile de trouver les pièces correspondantes, pas de problème on va commander, mais à la livraison on reçoit la moitié de la commande, après ce n’est pas le bon diamètre, même en donnant l’ancienne pièce comme modèle.

Après 27 jours à terre il est temps pour Patandre de retrouver son élément.

La  vie au carénage

Vivre sur un chantier dans des conditions de vie un peu spartiates. Certains équipages préfèrent louer un logement le temps des travaux, en ce qui nous concerne nous avons préféré rester chez nous, dans notre “home, sweet home”.

Avant de sortir le bateau il faut faire le plein des réservoirs d’eau, soit près de 700L, on peut avoir de l’eau au chantier mais c’est de l’eau de pluie. Lorsqu’on aura poncé la coque on ne pourra plus rejeter de l’eau (évier, douche). Les WC sont inutilisables, la pompe d’eau de mer ne fonctionne pas à terre !!! donc WC du chantier et puis douche par la suite. Le coté positif pour moi c’est de prendre maintenant des douches à température ambiante !!!

Il faut vivre qu’avec la poussière, en effet toute celle occasionnée lors du ponçage de la coque qui c’est déposée sous le bateau. Malgré la pluie elle est restée dessous, bien présente,  bien que nous trempons les pieds avant de monter, nous portons avec nous de la poussière, même dans le lit. Un gros nettoyage devra être fait au mouillage.

Mais la vie au carénage est plaisante, nous rencontrons de nouveaux équipages, une solidarité est bien présente, nous le constatons avec les équipages qui sont seul à bord. 

Nos voisins, un jeune couple qui restaure un catamaran Léopard, abimé lors des cyclones de 2017. 

cliquez pour voir la video

 

Eddy est tout content, il fait son petit tour sur le chantier,  va se faire caresser, il a appris à monter à l’échelle, il se positionne devant pour dire je veux monter. Un jour que nous l’avions laissé à bord pour aller faire des courses, nous l’avons retrouvé derrière nous juste à la sortie du carénage heureusement avant d’arriver sur la route. Demi-tour nous l’avons ramené au bateau et cette fois ci nous l’avons enfermé.

Lorsque nos bateaux amis quittaient le chantier, nous ne manquions pas d’aller savourer une langouste chez la Vénézuélienne, une très bonne adresse. 

Nous n’avions pas eu suffisamment de Copper Coat, il nous manquait 6 kits,  ce produit n’est disponible qu’au Marin, mais comment le faire  venir rapidement sur Carriacou ?? On nous conseille de nous adresser à Paul, Budget Marine, il a un magasin face à la mer près d’une gallery, il est Irlandais et parle très bien le français. Il nous trouve une solution mais entre temps nous avions laissé un message sur Faceboook dans le groupe “partir en mer et vivre à bord” 2 personnes se sont proposées, d’aller récupérer les produits et de nous les ramener à Carriacou. Belle solidarité entre marins.

Durant ces 27 jours passés au carénage, nous avons rencontrés un personnel compétent, sympathique, avenant, courtois. Aucun incident, nous laissions le bateau ouvert, jour et nuit, malgré ce qui a pu arriver à certaines personnes il ne faut pas en faire un élément à risque, il y a les mêmes problèmes en Métropole, est-ce que cela nous empêche d’aller dans ces endroits, ou d’y vivre!!! Nous reviendrons à TBCM sans problème, il y a toutes les commodités sur place pour faire les courses et les gens sont très sympathiques.

C’est au tour de Patandre de quitter le carénage, d’aller naviguer où le vent le portera …. 

 

Pour l’instant nous allons nous mettre à quai, un abcès sur un orteil m’empêche de marcher correctement, malgré la prise d’antibiotiques depuis 2 jours, je dois aller consulter un médecin. La marina nous offre la place de port le temps nécessaire. Un très grand merci.

 

 

 

Découverte du monde médical à Carriacou dans un prochain article.

 

  1. Andrée

    Thanks for your nice message! writing a blog takes time and a message like yours encourages me to continue sharing!

    I ll be really happy to read your ideas for my blog. you can contact us through the website in the Contact Us section or at lespatandre85@gmail.com.
    Looking forward to your reply,