Tour de ville de Saint Georges

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Visite du Centre de Saint-Georges 

Aujourd’hui, vendredi, grande décision nous allons visiter le centre ville.

Petite promenade matinale pour Eddy, dans le parc à l’entrée du port, retour sur le bateau, nous ne le prenons pas avec nous, non pas que les chiens sont mal vus, mais parce qu’il aura trop chaud.

Allez hop c’est parti, mais tout d’abord avant le récit de la journée …

Un peu d’histoire

Grenade a été  habitée il y a plus de 2000 ans par les indiens Arawak, venus du delta de l’Orénoque, Venezuela. Peuple paisible qui devient chasseurs, agriculteurs, puis pêcheurs et potiers. Les indiens caraïbes ou Kalinagos venus du Venezuela débarquent il a près de 700 ans. Proches des Arawaks par l’apparence et le mode de vie, ils s’en distinguent par une organisation beaucoup plus guerrière, féroces ils ont la réputation d’être anthropophages.

Les Arawaks sont repoussés dans les montagnes. mais en 1498 lors de son 3° voyage, Christophe Colomb débarque sur l’ile à la tête d’une armada espagnole, de 17 vaisseaux.

Les Indiens Caraïbes sont farouches mais faiblement armés, ils ne peuvent résister longtemps, les Espagnols les laisseront à peu près tranquilles.

L’ile fut nommée « Isla Conception », les marins espagnoles la nommèrent « Grenade » en hommage de la ville espagnole.

En partie du fait des Indiens caraïbes, l’ile ne sera pas colonisée pendant plus de cent ans après sa découverte

En 1650, l’île est colonisée par la France sur ordre de Richelieu, elle reste sous domination française jusqu’en 1672, date à laquelle elle a été cédée aux anglais.

Le  traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans. Les Français se réemparèrent de l’île en 1779, mais les Britanniques la reprirent peu après.

Grenade est ensuite officiellement rattachée au Royaume-Uni jusqu’au 7 Février 1967.

Saint-George’s

Le port de Saint-George’s est le vestige d’un ancien cratère dont une paroi s’est effondrée dans la mer. 

Après une traversée du chenal nous allons côté ville  «  Le Carénage » mot restant de l’époque française,  au lieu prévu pour les annexes en face du « Ministère de l’Economie et  de la Production ».  Nous peinons à trouver une place entre 2 annexes, les propriétaires sont vraisemblablement au « Market Square» à 300m de là. Nous ferons la visite du Carénage à notre retour. La ville est scindée en 2 parties, une côté port ou Le Carénage et l’autre côté port de plaisance. Au milieu le Fort George qui domine toute la baie des 2 côtés.

Fort George

Fort St Georges Grenade
Fort St Georges

En remontant le quai en direction du fort nous passons devant deux restaurants  en bord du quai (à essayer ultérieurement). Comme tout Fort, il a un emplacement stratégique en haut d’une colline, donc petite grimpette. Nous sommes déjà  venus dimanche dernier pour faire la promenade d’Eddy, mais ce jour là  le fort était fermé. « Sunday is close » comme dirait Fernand Raynaud.

Sur le versant mer, l’hôpital. Il est bien situé entre fort et mer, au calme des bruits de la ville avec une vue superbe sur la baie,

Hôpital de Grenade avec vue sur mer
                   Hôpital vue sur mer

Nous payons notre écot, 2$US ou 5,35$EC par personne (soit moins de 2 €). Une affichette nous rappelle que contre paiement il nous sera remis un ticket qu’il faudra présenter à la porte du fort pour lutter contre le marché noir. Une seule personne à l’entrée mais elle était chargée des « rest-rooms » elle n’a pas voulu de notre ticket.

 

 

Nous pénétrons dans le fort qui fut  construit en 1779 par les Français lors de leur « installation » en 1650, son ancien nom était « Fort Royal ».

Pour tout dire, mis à part, la collection de canons et de mortiers en bronze il ne reste pas grand chose. Des murs crénelés, des bastions engazonnés, un panier de basket mais surtout une vue splendide sur la rade, la baie et la ville.

La vocation du fort sur le plan stratégique a disparu, il renferme l’école de police et deux quartiers généraux : la police et les prisons, c’est une autre position stratégique.  Le Musée National bâtiment construit par les français en 1740 , qui a été tour à tour bâtiment de l’armée, prison pour femmes pendant la domination anglaise, hôtel, puis en 1976, Musée de Grenade. Nous comprenons pourquoi le fort est fermé le week-end. Beaucoup de bâtiments sont à l’abandon est-ce dû à Ivan , cyclone dévastateur en 2004 ou au petit différent entre les USA et Grenada en 1983, nous ne le saurons jamais. Juste que Ivan à terminer ce que les américains avaient peut-être commencer.

Une plaque rappelle le souvenir Maurice Bishop dont le dernier combat fut dans le fort.

 

Nous avons vite fait le tour des fortifications pour redescendre vers la ville, mais nous avons profité d’une vue magnifique de chaque côté du Fort.

 Church Street

La bien nommée,  pas moins de 4  églises, nous passons devant le clocher quadrangulaire et le fronton de l’Eglise Anglicane St Andrew’s , ou Scots Kirk Cathédrale, la nef ayant été détruite  par Ivan en 2004 est en reconstruction.

 

 

Un peu plus loin  se trouve l’Eglise Anglicane avec son école.

 

En continuant nous visitons  la Cathédrale Presbytérienne.

Sur la gauche juste entre 2 cathédrales se situe le ministère de la justice ou le palais de justice qui lui aussi a été aussi décapité par Ivan.

Nous terminons par  la Cathédrale Catholique Romaine de l’Immaculée-Conception.

Que l’on soit Catholique, Protestant, Mulsuman, Juif, athée ou autres nous respectons chacun pour ses croyances et ses convictions, chaque fois que nous avons l’occasion de visiter un lieu de cultes nous le faisons, nous avons visité la Mosquée Hassan II à Casablanca mais aussi une Synagogue à Tours et à Boston.  Des artistes ont crées ces monuments, aussi bien architectural, qu’en ébénisterie ou en vitraux.

Dans les lieux de culte des Antilles il y a plus de gaieté, on trouve des batteries et autres instruments musicaux, une certaine sérénité s’en dégage.

Grenade est un joli pays qui s’est construit au fil des ans et des occupations étrangères.  Dommage que la  situation économique ne permette pas la reconstruction rapide des différents bâtiments détruits par le dernier cyclone référence.  De beaux bâtiments anciens tombent à l’abandon. De même beaucoup de maisons éventrées ou décapitées dont les propriétaires n’ont pas fait les travaux de remise en état.

Comme vous pouvez le constater les rues sont très pentues, 

Market Square 

Après ses réflexions semi-philosophiques nous descendons vers le marché et là, chouette!!! des cannes à sucre. Un vendeur épluche devant nous des morceaux de canne, nous repartons en grignotant, et pour moi  en bavant à souhait sur le tee-shirt. Entre la sueur et les gouttes de cannes à sucre personne ne verra la différence, personne, sauf une, ma femme, elle, elle l’a vu !

Nous arrivons sur  le «  Market Square » mélange de marché aux aromates, aux fruits et légumes, habits créoles chamarrés et colorés et menus gadgets en bois. Sollicités, il faut savoir dire « non » même si cela nous coûte, sinon on repart chargés de produits dont nous n’avons pas la place en bateau. Des échoppes en « dur », plutôt des cabanes en bois plus ou moins alignées pour les commerçants résidents. Toutes plus odoriférantes les unes que les autres, des étalages en bois, des tables supportant des fruits et légumes déjà pesés et empaquetés. Pas beaucoup de photos, les personnes ont refusé toutes photos.

Grenade est appelée « l’ile aux épices », sur le drapeau national on peut y voir la noix de muscade. La noix  a fait la fortune de l’ile jusqu’au passage d’Ivan qui a ravagé 60% des plantations.  Le temps que les muscadiers replantés arrivent à maturité, en 2012 Grenade retrouve son rang de 2° producteur mondial derrière l’Indonésie.  D’autres épices sont produites comme nous avons pu le voir lors de notre visite au Domaine de Belmont : cacao, muscade, curcuma, gingembre,  cannelle, piment, clous de girofle, macis, feuilles de laurier (pas identique à celle de métropole). Que d’odeurs, çà sent bon !!!

 

Passage devant un magasin de tissus on en profite pour acheter de quoi faire des drapeaux français. Ceux du commerce ne durent qu’un maximum de 6 mois, alors pourquoi ne pas les faire avec 1m de chaque couleur pour 23$EC soit 8€. Un petit tour par la Scotia Bank, qui nous permet de retirer du liquide sans frais, puisque celle-ci est partenaire de la BNP, mais que voyons nous un KFC.

Esplanade Mail

 

Nous arrivons sur « L’Esplanade » sur Bruce Street, ce centre de ville a été aménagé en 2005, avec centres commerciaux en « duty-free » et complexe portuaire. Un quai avec un pont d’une centaine de mètres ont été aménagé pour permettre aux paquebots de croisière d’accoster. En pleine saison plus de 1000 personnes envahissent la ville au grand bonheur des grenadiens. Nous avons pu le constater lorsqu’un moyen paquebot c’est amarré  dans la semaine,  taxis, minibus étaient stationnés, mais aussi passagers dans les rues, visites en bateau le long de la côte. Présence policière dans leur uniforme britannique tropical, exceptionnel, pour rassurer les touristes.

Dans les magasins en duty-free les prix sont affichés en $US et les marchandises sont vraiment faites pour le tourisme itinérant, qui peut ramener toutes sortes de souvenirs.

Les alcools et tabacs sont surtout nord-américains. Peu de marques connues chez nous hormis les cognacs et encore, ah oui les « gauloises »  ça dépayse.

Dans une boutique parmi des célébrités footballistiques un maillot siglé Griezman, là c’est la gloire ! Il faut dire que nous avons été champion du Monde cette année.

 

Nous continuons pour voir si nous trouvons le boucher recommandé, il se trouve après les marché aux poissons. Nous retrouvons le terminal de bus qui est beaucoup moins fréquenté que lorsque nous sommes partis au Domaine de  Belmont pour cause nous avons pris la photo un  dimanche, moins bousculés pour prendre des photos. Un boucher rien d’extraordinaire, mais ici depuis que sommes  aux Antilles un vrai boucher est rare, la viande est pratiquement vendue congelée, en gros conditionnement, alors il faut en profiter, la viande est, nous a-t-on dit succulente, mais la découpe aléatoire.

Le marché aux poissons est bien grand pour les quelques vendeurs. Notre boucher nous ne l’avons pas trouvé, la boutique était close. Il est vrai qu’il n’est pas loin de midi et c’est surement la fin du marché,  poissonniers et boucher  ont dû  vendre et fermer boutique. Intéressant en face du marché aux poissons un magasin de pêche, à voir ultérieurement. Par contre les étalages de fruits et légumes sont encore bien garnis à des prix largement corrects. Ici on n’attend pas le touriste avec un fusil, concurrence oblige. Nous reviendrons vendredi ou samedi, les seuls jours d’ouverture du boucher. Le long du marché aux poissons de nombreuses barques déposent leurs prises pour la vente, dommage elles ne seront pas sur un lit de glace mais à même posées sur le carrelage de l’étalage. Ce marché concurrence le marché plus sauvage du Carénage où les poissons sont vidés, nettoyés et rincés dans l’eau du port.

Un tour des rues pour vous faire profiter de cette ambiance particulière des Antilles, la couleur chaude des maisons il ne vous manque que l’odeur des épices.

En rentrant nous avons trouvé des anciens postes téléphonique public, dans l’état où ils sont personne ne doit les utiliser.

La fatigue se faisant sentir augmentée par la chaleur et l’humidité  nous décidons de rentrer vers le bateau pour faire  Quartier du «  Carénage ». Nous empruntons  le « Sendall Tunnel », construit en 1894 il passe sous le fort George, piétons et voitures utilisent la même voie, heureusement à sens unique pour les voitures.

Le Carénage

Où quartier du port en forme de fer à cheval, il est relié au Centre Ville par le Tunnel et  avec  la Marina ou “Port Louis,  par le port de commerce qui tous les jours voit des cargos accoster. 

Mais avant de descendre vers le port, un arrêt est nécessaire à la Boutique du Chocolat. ici tout est appétissant, tentant, bien sûr il y a les gâteaux et desserts faits sur place, mais on ne va prendre que juste 4 chocolats chacun pour gouter. Soyons raisonnable avec ma chocolamania que j’ai, ce soir, il n’y aura plus rien.

Au Carénage on trouve principalement les bateaux de pêche et ceux pour faire les visites de la côte. En face du Ministère de l’Economie de l’autre coté du Carénage se trouve la station de police, les pompiers et le Ministère du Tourisme intéressant pour les plans et autres dépliants.

Les boutiques sont colorées, un « Pizza Hut » donc pas de dépaysement, nous arrivons devant une statue.

La statue  « Le Christ des Profondeurs »—  Cette statue en bronze, représentant un Christ aux mains levées, tournée vers l’entrée du Carénage. Elle a été édifiée par les Italiens, en remerciement de l’aide apportée par la population grenadienne aux passagers, lors du naufrage du Bianca C. Ce paquebot italien avait pris feu dans la rade de Saint George’s, après que ses passagers aient été évacués, il  a été remorqué en mer où il a  été coulé.

C’est un spot de plongée sous-marine recherchée car c’est la seule épave de paquebot des Antilles son surnom le Titanic des Caraïbes.

Un peu plus loin les pêcheurs qui vendent les poissons pêchés dans la matinée, ils sont vidés, nettoyés et rincés dans l’eau du port ….

Bonne journée, bien enrichissante, bien fatigante mais surtout  nous avons pensé à boire notre bouteille d’eau chacun sur la matinée pour éviter, crampes et autres coup de chaleur.

Une bonne sieste réparatrice il n’en paraitra plus rien.

Pour terminer cette journée nous terminerons par la ballade à Eddy avant la nuit, sans trop trainer la patte pour nous dans un joli jardin très bien entretenu.

On mettra des photos dans un prochain épisode.

Nous espérons que cette balade vous a été agréable, que vous avez apprécié Grenade comme nous depuis presque un mois.

Informations :

Maurice Bishop

Maurice Bishop (Aruba 1944 – Grenada 1983) : Progressiste, opposant au régime autoritaire de Eric Gary, qui confondait intérêts personnel et intérêts de l’Etat, il pris le pouvoir en 1979 en le renversant pendant qu’il était à l’ONU à New-York.

Maurice Bishop était « socialisant » et s’est rapproché de l’URSS, qu’il avait visitée dans sa jeunesse, et surtout de Cuba.

Dans des luttes internes de Grenade, Bishop fut arrêté par son codirigeant Bernard Coat et emprisonné au Fort George. Libéré par des partisans, l’armée intervint, tira sur la foule et les arrêta. Ils furent fusillés de suite sur place au Fort. Sous l’impulsion de la Dominique et de Sainte-Lucie, les membres de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) décident le 22 octobre, du principe d’une intervention militaire. Ces événements précipitèrent l’intervention des USA.  Le président Reagan, n’appréciait pas  le développement et la main mise des cubains sur la Caraïbe, à la demande des états voisins de Grenada l’Opération « Urgent Fury »  est mise en place.. 

Les États-Unis, avec environ 6 000 membres (Marines, Rangers, NavySEALS, Delta Force…) fournissent le gros des forces d’invasion ; ils sont soutenus par 353 soldats des différents États caribéens.

Après Hudson Austin qui effectua le bref intérim et fut arrêté par les américains. Son successeur, Nicholas Bruathwaite fut un premier ministre provisoire plus consensuel.

De cette époque, Il reste le nom de l’aéroport international « Maurice Bishop » au sud-ouest de l’ile.

Les restes de deux avions cubains de fabrication soviétique sur l’aéroport de Pearl Airport près de Grenville sur la côte Est (Atlantique).

Quelques scènes à la fin du film de Clint Eastwood : Le maitre de guerre.

Je ne sais si la santé est toujours gratuite, comme le souhaitait Maurice Bishop, mais il semble que la lutte contre l’analphabétisme ait porté ses fruits.

 

Ouragans ou Cyclones

Ouragans ou Cyclones ayant touchés la Grenade 

(classe d’ouragan au moment du passage sur la Grenade) :

22-23 Septembre 1955 – Janet – Classe 5 –  Plus de 1000 morts, vents à 280km/h, pression < à 914 HPa

7 Septembre 2004 – Ivan  – Classe 5 (référence) 123 morts, vents à 275 km/h, pression à 910 HPa

  •    Ivan dit le Terrible fit beaucoup de dégâts, car il était prévu que le cyclone  passe sur la Martinique, beaucoup de bateaux sont venus se réfugier à Grenade, au dernier moment Ivan changea de direction pour aller sur Grenade. Toucha surtout la partie sud de l’ile, dont St George.

10-11 Juillet 2005 – Emily – Classe 3 – 6 morts,  vents à 290km/h, pression à 929 HPa  Toucha la partie nord de l’ile et surtout Cariacou.

 

 

 

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